Quels seront les effets d'El Niño sur l'hiver canadien?

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Si l’hiver canadien est tout sauf prévisible, certains phénomènes climatiques à grande échelle peuvent encore nous surprendre. Le phénomène El Niño, qui a atteint un niveau historique et gagne encore en intensité dans le Pacifique, risque de donner le ton à la saison froide partout au pays.

Sous l’influence d’un phénomène climatique qui réchauffe les eaux du Pacifique, les températures hivernales devraient surpasser les normales saisonnières. On doit s’attendre à beaucoup d’instabilité, à un cocktail météo souvent explosif, mais également à des accumulations de neige moindres dans plusieurs régions canadiennes.

Voici ce qu’il faut savoir pour être prêt à relever les défis que nous réservera l’hiver.
 

C'est quoi l'effet El Niño?

El Niño est la phase chaude d’un cycle naturel qui influence les interactions entre l’océan Pacifique tropical et l’atmosphère. Bien qu’ils semblent plus fréquents depuis quelques années, ces phénomènes se produisent généralement tous les deux à sept ans.

Lors d’un épisode El Niño, les eaux de surface du centre et de l’est du Pacifique équatorial deviennent plus chaudes que la normale. Les vents qui soufflent habituellement d’est en ouest près de l’équateur, qu’on appelle les alizés, s’affaiblissent. Les zones de pluie et les courants atmosphériques se déplacent. Tous ces changements se répercutent sur la circulation atmosphérique et entraînent des répercussions à l’échelle mondiale.

L’année 2026 est marquée par un phénomène d’une ampleur exceptionnelle avec un super El Niño qui perturbe les précipitations sur l’ensemble de la planète : des canicules qui se succèdent en Europe, des sécheresses marquées en Afrique du Sud et en Australie, d’importantes inondations ailleurs dans le monde… Il se joint au réchauffement planétaire pour faire encore grimper les températures d’un cran.

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À savoir : La Niña est la phase froide du même cycle. Durant un épisode La Niña, les eaux du Pacifique équatorial sont plus fraîches que la normale, ce qui peut également influencer les conditions météorologiques. Au Canada, La Niña est le plus souvent associée à des conditions contrastées mais plus hivernales, particulièrement dans l’ouest et le nord du pays.
 

Un El Niño intense pendant l'hiver 2026-2027 

Au Canada, El Niño modifie notamment un puissant couloir de vents rapides en altitude qui guide les systèmes météorologiques. Lorsque ce courant change de trajectoire, il peut favoriser l’arrivée d’air plus doux dans certaines régions, tout en modifiant les corridors de précipitations. En général, les effets les plus marqués d’El Niño au Canada se font justement sentir de l’hiver jusqu’au printemps.

Les experts météorologiques d’Amérique du Nord, tels que ceux de ClimateData.ca et d’Environnement et Changement climatique Canada, s’entendent d’ailleurs pour annoncer un El Niño très intense, avec un pic dès la fin de l’automne ou le début de l’hiver.

Les variations soudaines de température multiplieront le nombre de cycles de gel-dégel, risquant de compliquer les moindres déplacements. Les épisodes de pluie hivernale, de verglas et de pluie verglaçante se substitueront plus fréquemment à nos légendaires tempêtes de neige.

En se référant aux précédents épisodes également qualifiés de super El Niño — comme ceux de 1982-1983, 1997-1998 (crise du verglas) et 2015-2016 — on peut se faire une petite idée de ce qui nous attend : des contrastes marqués et même violents, une chaleur record pour la saison, un important déficit de neige par endroits, des épisodes de pluie abondante, du verglas et de spectaculaires tempêtes côtières. Si rien ne garantit que l’hiver 2026-2027 répétera exactement ces scénarios, l’intensité attendue du phénomène augmente les probabilités de certaines conditions.

À savoir :  El Niño ne « contrôle » pas la météo. D’autres facteurs entrent également en jeu (l’oscillation arctique, la température des océans, la couverture de neige, la trajectoire des dépressions). Un épisode de froid extrême ou une tempête de neige majeure demeurent possibles, même au cours d’un hiver globalement doux.

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Hiver 2026-2027 : les tendances à surveiller au Canada d’un océan à l’autre

Colombie-Britannique et Yukon : moins de neige au centre des provinces et instabilité sur la côte

Dans l’Ouest canadien, El Niño est généralement associé à un hiver plus doux et plus sec, surtout à l’intérieur de la Colombie-Britannique et dans le Yukon. On s’attend donc à :

  • des températures généralement au-dessus des normales
  • moins de précipitations sur les Rocheuses, dans l’Okanagan et dans certaines parties du Yukon
  • moins de neige en montagne
  • des épisodes de pluie intense par endroits, augmentant les risques d’inondation, de glissements de terrain et d’érosion côtière
  • une fonte printanière précoce et un risque accru de sécheresse la saison suivante

Le phénomène peut avoir des conséquences concrètes sur les activités hivernales, les réserves d’eau et le risque de feux de forêt au printemps et en été.

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Alberta, Saskatchewan et Manitoba : un hiver sans doute moins rigoureux et un temps plus sec

Les Prairies pourraient connaître un hiver avec des températures plus douces, mais également des conditions plus sèches. Un déficit en neige ou en pluie peut poser des défis importants pour l’agriculture, les écosystèmes et l’approvisionnement en eau au cours des mois qui suivent.

Parmi les phénomènes à surveiller :

  • des températures hivernales souvent plus chaudes que la normale
  • moins de neige dans les Rocheuses (et possiblement un apport en eau réduit au printemps)
  • un risque accru de sécheresse et de feux de forêt si la sécheresse persiste au printemps
     

Ontario et Québec : un hiver plus doux, mais pas nécessairement plus tranquille

Pour l’Ontario et le Québec, l’hiver El Niño est généralement rythmé par des températures en montagnes russes qui donnent droit à un impressionnant cocktail météo. Cela pourrait se traduire par :

  • plus de périodes de redoux
  • une couverture de neige moins durable et variable par endroits
  • plus de précipitations hivernales sous forme de pluie ou de pluie verglaçante
  • une succession accrue des cycles de gel-dégel

Les hivers très doux viennent perturber les activités qui dépendent d’un froid stable (patinage extérieur, motoneige, pêche sur glace, ski de fond) et compliquent évidemment les déplacements. Prudence sur la route!

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Provinces de l’Atlantique : moins de neige, mais d’impressionnantes tempêtes côtières

Au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador, El Niño pourrait favoriser des températures hivernales plus douces et, dans plusieurs secteurs, moins de neige qu’à l’habitude.

Attention toutefois, « plus doux » ne veut pas dire « plus calme ». On doit s’attendre à des tempêtes hivernales et à de fortes pluies, ainsi qu’à une élévation anormale du niveau de la mer, à des vents violents et à des risques d’inondation côtière. 

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Des réactions contrastées dans le Nord du Canada

Le Nord canadien ne réagit pas partout de la même façon à un super El Niño. Les Territoires du Nord-Ouest connaissent souvent des hivers plus doux et plus secs, alors que certaines régions du Nunavut, étonnamment, ont été confrontées à des hivers plus froids que la normale, souvent accompagnés de grands écarts de température et de violentes tempêtes.

Cela rappelle qu’un même phénomène climatique peut produire différents effets d’une région à l’autre.
 

À quoi faut-il se préparer pour l’hiver 2026-2027?

L’hiver 2026-2027 pourrait donc être globalement plus doux dans une bonne partie du Canada, mais il ne faut pas confondre douceur moyenne et absence de conditions difficiles.

Mieux vaut s’attendre à des vagues de froid ponctuelles, des tempêtes de neige localisées, des épisodes de pluie abondante ou de pluie verglaçante, des changements rapides de température et des conditions routières difficiles. En raison de l’instabilité, les importants écarts de température ne se vivront pas d’une province à l’autre, mais bien d’une ville à l’autre.

Le meilleur réflexe demeure de consulter les alertes météorologiques avant de sortir ou de prendre la route, et d’adopter de bonnes habitudes hivernales : équiper la voiture de bons pneus d’hiver, conserver une trousse d’urgence dans son véhicule et entretenir soigneusement son entrée, ses trottoirs et ses escaliers pour minimiser les risques de chutes.

Alors… encore un hiver plus doux que la normale? Malgré le réchauffement climatique, nous avons toujours droit à un hiver canadien. Certes, la saison du patinage ne se prolonge pas nécessairement jusqu’à la fin février et on ne peut pas toujours rêver d’un Noël blanc… mais peu importe les prédictions, rappelez-vous que l’hiver peut toujours nous surprendre!

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Sources